La Danse du Lion

La Danse du Lion 舞狮 est un art du spectacle très répandu en Asie orientale, non seulement en Chine mais aussi en Corée, au Japon, à Taiwan ou à Singapour. Il constitue une manifestation concrète du rayonnement de la culture chinoise à travers l’Asie et le reste du monde chinois.
De même que l’apparence du lion donne lieu à diverses déclinaisons selon les régions ou les pays, les explications concernant l’origine de cette danse divergent elles aussi.
Deux faits sont toutefois certains :
- La Chine n’a jamais donnée naissance à aucun lion autrement qu’en captivité.
- Les premiers lions à avoir posé la patte sur le sol chinois sont issus, soit du tribut payé à la Chine par le royaume Hindou sous les Han (-206 à 220), soit de l’art bouddhique, lors de l’introduction du bouddhisme en Chine pendant la même période (le boddhisatva Manjushri trône sur un lion).
De là, le lion aurait inspiré les instances artistiques et militaires de la Cour impériale, l’incorporant, entre autres, à l’iconographie et aux danses martiales déjà existantes.
Parallèlement, la culture populaire voit dans le lion l’incarnation de l’animal porte-bonheur du nom de 狮子, issu du bestiaire mythologique chinois (au même titre que le dragon 龙, le phœnix 凤, le qilin 麒麟, etc.) capable de repousser à chaque fête du Printemps le vorace Nianshou 年兽, monstre venant dévorer les récoltes.
De nos jours, les danseurs léonins sont principalement sollicités lors de célébrations de fêtes du calendrier lunaire (la fête du printemps demeurant la plus importante), ou pour tout évènement solennel (mariage, ouverture de commerce etc.).
En Chine continentale, on distingue les lions du nord 北狮 et du sud 南狮.Traditionnellement, le territoire du premier s'étend au nord du fleuve Changjiang, tandis que le second se retrouve en Chine du Sud, en Asie du Sud-est et dans les communautés chinoises immigrées. Cela dit, il est désormais monnaie courante de voir cette distinction effacée au profit d’une danse mêlant costumes du Sud et routines techniques du Nord. La danse du lion est d’ailleurs devenu une discipline sportive à part entière, sujette à l’organisation de compétitions internationales.
Il n’est par rare que la danse proprement dite soit précédée d’un rite au cours duquel l’on insuffle symboliquement la vie aux lions, en enduisant leurs globes oculaires de poudre de cinabre.
Lions du Nord :
La danse est menée par le détenteur de la balle que convoite le lion. Habillé d'un costume traditionnel, il aura pour rôle de provoquer et feinter ce dernier.
Deux autres protagonistes sont chargés d’animer le corps du lion. Le premier soutient et anime la tête, généralement en fibre de verre ou en bois, et s'occupe du mouvement des pattes avant. Le second constitue la colonne vertébrale (au sens littéral lors d'exercices de portées) ainsi que les pattes arrières. Le corps est recouvert d’une fourrure à poils longs jaunes, oranges et rouges. Il en va de même pour les pantalons revêtus par les danseurs. Même immobile, son apparence se rapproche relativement plus de celle d’un véritable lion que celle de son frère méridional.
Les lions du Nord se déplacent habituellement en couple, se distinguant par le couleur du nœud dont leur tête est surmontée, rouge pour le mâle et vert pour la femelle. Leur lionceau, animé par un seul danseur, peut aussi être de la partie.
Cymbales, gongs et tambours de Pékin sont les principaux accompagnateurs de cette danse aux caractéristiques très acrobatiques.
Lions du Sud :
Aussi appelés Xingshi 醒狮 (lions qui s’éveillent), sa danse ponctuée de poses martiales lui confère une allure plus féroce. La mobilité des paupières, de la bouche et des oreilles permet aux 2 danseurs qui l’animent d’accroître encore son expressivité.
L'apparence de la tête, avec sa corne, serait inspiré du Nianshou, monstre pilleur de récoltes mentionné précédemment. On distingue en général deux écoles, celle de Foshan 佛山 avec une tête assez ronde au large front, et celle de Heshan 鹤山, au contraire plate et allongée, flanquée d’une bouche en bec de canard.
Traditionnellement, on distinguait en fait trois types de lions, inspirés des figures historiques appartenant aux Trois royaumes : Liu Bei 刘备, Guan Yu 关羽 et Zhang Fei 张飞. Ils se distinguaient non seulement par leur finition mais aussi par des routines spécifiques sensées refléter leur caractère respectif.
La grande palette de mouvements du lion du sud simule aussi bien des états (sommeil, éveil), des sentiments (doute, excitation, colère), que des scènes (faire la révérence, surgir d’une grotte, franchir une montagne, récolter des légumes).
Ces figures, parfois exécutées sur des poteaux "fleur de prunier", mettent l’habilité des danseurs à rude épreuve. Parmi celles ci, “la récolte des légumes” est la plus fréquente. Sa dénomination chinoise, caiqing 采青 est à l’origine une astuce phonétique jouant sur l’homophonie avec caiqing 踩清 (“piétiner les Qing”), il s'agissait d'une injonction au renversement de la dynastie Qing au profit du rétablissement des Ming. Aujourd’hui cette “récolte” n’exprime plus que des vœux de prosperité en affaires.
Le jour du nouvel An du calendrier lunaire, alors que la cacophonie des pétards atteint son apogée, le lion fait du porte à porte quémandant ses étrennes (hong bao 红包, la fameuse enveloppe rouge). Afin de garantir le spectacle, étrennes et légumes (symbolisés par une laitue) sont accrochés au sommet d’un mat dont le lion ne pourra atteindre le sommet qu’en déployant toute son astuce et son agilité. Un fois au sommet il gobe la laitue pour ensuite la recracher en morceaux et adresser ses salutations aux spectateurs.
Les représentations de lions du Sud sont également accompagnées des rythmes entêtant de tambour, gong et cymbales.
A voir : Le catalogue Danse du Lion (Boutique Wushuguan)
Sources:
http://baike.baidu.com/view/34260.htm
http://zh.wikipedia.org/wiki/舞獅

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